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L'Homme Wade

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



Prix Houphouët-Boigny pour la Paix à Me Wade : La consécration d’une vie au service de l’Afrique

Le président Wade a reçu hier le Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix au siège de l’Unesco. Un prix qui célèbre l’action d’une vie consacrée à la cause de la démocratie et de la paix. Au grand bonheur de milliers de ses compatriotes venus répondre massivement à l’invitation de l’Unesco pour fêter un des fils du Sénégal les plus illustres. Il y avait foule au 123, avenue Suffrène, devant le siège de l’Unesco. Les Sénégalais étaient sur leur “ 31 ”. Costumes bien coupés, boubous bien amidonnés, cravates bien assorties, chaussures lustrées, bref, l’Unesco était, en cet après-midi du 16 mai, le carrefour de la sape et du bon goût. “ C’est normal ”, s’extasie ce jeune militant de l’Ujtl, “ ce jour est à l’image de celui qu’on fête. Wade est un homme de goût ”.

Pourtant, nombre de ces militants agglutinés devant l’entrée de l’édifice ont une tout autre préoccupation. Ce sont les cartons d’invitation qui manquent le plus. “ Je n’ai pas fait 400 kilomètres pour rentrer bredouille. Je dois entrer, n’importe comment ”. Il trouvera la parade en présentant à l’entrée une enveloppe... vide. Les retrouvailles sont bruyantes sur le perron de l’Unesco entre compatriotes sénégalais. Certains s’offusquent de l’intransigeance des forces de sécurité.

14 heures quarante-cinq minutes : le cortège du président Wade se présente devant le portail de la bâtisse de l’Unesco sous bonne escorte. La sécurité se déploie. Devant la porte, la file progresse au pas du caméléon. Thione Seck, perdu dans la foule, s’emporte : “ je n’ai jamais fait un voyage aussi compliqué ”.

A l’intérieur, la situation ne se passe pas mieux. La sécurité a du mal à contenir la poussée d’un public nombreux et pressé de se retrouver dans la salle I de l’Unesco qui abrite la cérémonie. “ Ne vous bousculez pas, il y a de la place pour tout le monde ”, avertit ce membre du protocole. Mais c’est peine perdue. L’empressement des invités aura raison de son ardeur.

15 heures trente minutes : le président Wade se présente dans la salle en compagnie de ses pairs, du Directeur général de l’Unesco et des membres du jury. Les applaudissements fusent. Mbaye Pekh et Ndèye Khady Niang se déchaînent : “ c’est en toi que les Sénégalais ont placé leur confiance, c’est toi qu’ils ont choisi ”. Dans la salle, militants du Pds, artistes sénégalais venus à Paris dans le cadre de la semaine culturelle sénégalaise qui prolonge la fête jusqu’au lundi 22 mai et griots rivalisent d’ardeur pour rendre hommage au président Wade.

Combattants de la paix

La cérémonie peut alors commencer avec une interprétation d’une composition de Joseph Hayden par l’orchestre et le chœur de l’Unesco. Le moment est solennel. La salle retient son souffle. Alioune Traoré, le secrétaire exécutif du Prix Houphouët-Boigny, s’avance et s’empare du micro. “ Ce 16 mai restera à jamais gravé en lettres d’or dans les annales du Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix. C’est la première fois qu’au cours de cette cérémonie, nous recevons neuf chefs d’État ”, annonce-t-il sous une salve d’applaudissements. “ Le président Wade ”, dira-t-il, est un homme hors du commun, maintenant respecté chez lui et dans le monde ”. Il se félicite de la composition de la délégation du président Wade : “ Des combattants de la paix allant des paysans aux jeunes en passant par le patronat et les hommes de cultures ”. “ Depuis quinze ans ”, poursuit-il, le Prix Houphouët-Boigny n’avait pas été attribué à un Africain. Très inspiré, M. Traoré dira que le chiffre 3 porte particulièrement bonheur au président Wade qui se trouve être le troisième lauréat africain du Prix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix et le troisième président du Sénégal. Le secrétaire exécutif du Prix Houphouët-Boigny terminera son discours en disant que “ l’opposant du Point E est devenu aujourd’hui le sage de l’Afrique qui poursuit l’œuvre d’un autre sage : Félix Houphouët-Boigny ”.

Lui succédant à la barre, le Directeur général de l’Unesco, M. Koïchiro Matsuura, dira sa joie de s’associer au choix porté sur le président Wade pour sa contribution à la modernisation de la vie politique de son pays en mettant l’éducation et la culture au cœur de ses préoccupations. M. Matsuura rappellera qu’en plus d’avoir contribué à la démocratisation de son pays, le Sénégal, et d’avoir offert sa médiation dans nombre de conflits en Afrique, le président Wade a contribué à la renaissance africaine en participant à la création du Nepad. Le président sénégalais, confie-t-il, s’illustre dans la défense du continent africain sur la scène internationale en participant à la réflexion sur la mondialisation et sur la gouvernance mondiale.

Mais, plus que ses prédécesseurs à la tribune, c’est l’allocution du président Diouf qui aura le plus touché l’assistance, composée en majorité de Sénégalais. Après avoir rendu hommage au président Félix Houphouët-Boigny, il s’est dit particulièrement satisfait et heureux pour “ ce grand honneur fait à un homme de cœur et de générosité dont l’engagement pour la paix a été constant ”. Bien avant son accession au pouvoir, poursuit-il, Me Wade prenait son bâton de pèlerin pour offrir sa médiation dans de nombreux conflits en Afrique. Il rappelle, à titre d’exemple, son intervention dans le conflit zaïrois (actuelle Rdc), avait aidé la classe politique de ce pays à sortir de l’impasse. “ Si ses solutions pour la crise congolaise avait été retenues, on aurait fait l’économie de quinze années de conflit ”, poursuit-il. Le président Diouf insiste en outre sur l’implication heureuse du président Wade dans les crises ivoirienne, bissau-guinéenne et malgache et sur la place centrale de la promotion du dialogue islamo-chrétien.

Mais, l’émotion a atteint son summum quand le président Diouf, avec la solennité qu’on lui connaît, s’est adressé au président Wade en ces termes qui ont donné la chair de poule à plus d’un : “ Je suis votre compatriote, je suis votre prédécesseur, c’est pourquoi je suis particulièrement fier de vos accomplissements ”. Avant d’adresser ses félicitations chaleureuses et fraternelles au président Wade.

L’hommage de Diouf

Ce dernier, sans doute touché par cet hommage, se lève pour aller à la rencontre de son prédécesseur. L’accolade entre les deux hommes provoque des acclamations nourries du public. “ C’est beau le Sénégal ”, confie un invité.

C’est ensuite autour du président nigérian, Olusegun Obasanjo, de se présenter à la tribune. Après un hommage appuyé au récipiendaire, le président du Nepad confie : “ Nous avons connu beaucoup de conflits en Afrique et nous continuons à faire face à de nombreux défis. En dépit de nombreux succès, la route qui mène à une paix complète et à la démocratie dans nos pays est encore longue. C’est pourquoi nous avons besoin de la trempe de leaders comme Abdoulaye Wade dans notre combat inlassable pour la paix ”.

Un hommage appuyé par le président Jacques Chirac : “ Chacun sait que vous êtes toujours prêt à vous investir dans les conflits et à fournir des solutions imaginatives. Pour vos actions, vous permettez aux jeunes de prendre en charge le destin de l’Afrique et de lui rendre sa fidélité et son influence ”.

Quand, à seize heures cinquante minutes, le président du jury Henry Kissinger et le Directeur général de l’Unesco remettent la distinction au président Wade, le “ sopi ” fuse des gorges nouées par l’émotion. Les applaudissements s’amplifient, les griots entonnent “ Niani bagn na ” et débordent le protocole. Le président Wade se dirige vers le président Diouf et lève sa main. Les larmes perlent de quelques visages et le “ clap clap ” des mains se fait assourdissant. “ Vive le Sénégal ”, reprennent en chœur un groupe d’invités. Le président s’avance alors pour prononcer son discours sous de vibrants “ sopi ”.


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13octobre 2006
 

 

 

 

 

 

 


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